Prothèses mammaires PIP implantées en Belgique
 
La Meuse du 06 01 2012
J'ai été opérée,
je cherche les références de
mes prothèses.
Prothèses mammaires PIP: conseils de la RBSPS (Société Royale Belge de Chirurgie Plastique)
 

Vous pouvez lire, entendre ou voir dans la presse actuelle des informations inquiétantes concernant les implants mammaires et leurs dangers potentiels.
 
En réalité beaucoup d'articles ou d'émissions télévisuelles, lorsqu'ils ne sont pas conçus par des journalistes familiarisés avec les sujets médicaux, font l'amalgame entre 3 choses différentes:
 
1.       Une société de fabrication d'implants localisée dans le midi de la France (PIP) a commis une fraude sanitaire (véritable escroquerie) à grande échelle dans la fabrication et dans la qualité du gel de silicone qui compose ses implants.
 
-   C'est évidemment très grave: la société a été fermée sur le champ et ses responsables ont été inculpés (c'est bien le moindre!).
-   Personne ne peut dire à l'heure actuelle si le gel de silicone "non medical grade" de ces implants est susceptible d'occasionner un problème chez les patientes qui les portent.
-   Cela concerne 30.000 patientes (!!!) en France, mais également dans d'autres pays comme l'Italie ou l'Espagne mais probablement peu de patientes en Belgique d'après les informations officieuses que nous avons à notre disposition (il n'y a pas de registre officiel des implants mammaires en Belgique).
 
2.       La survenue de cancers exceptionnels appelés lymphomes anaplasiques à grandes cellules (ALCL). Ces cancers particulièrement rares ne sont pas des cancers du sein mais des cancers d'éléments sanguins, les lymphocytes.
 
-   Ces cancers semblent effectivement être liés à la présence d'implants, entre autres mammaires (quelles que soient la marque ou le type d'implant). Ils ont été décrits pour la première fois l'année dernière dans la littérature mondiale et la FDA a ouvert un dossier en janvier 2011 à ce sujet.
-   Peut-être surviennent-ils d’ailleurs associés à n’importe quel type d’implants, pas seulement mammaires, car la FDA fait état de 60 cas décrits au total pour 34 cas localisés au niveau du sein.
-   Sur la trentaine de cas décrits dans le monde au niveau du sein (sur les millions de femmes ayant bénéficiés d’implants pour des reconstructions ou pour des raisons esthétiques), très peu ont été mortels (quelques cas).
-   Le problème est qu'un de ces cas mortels est survenu chez une patiente qui portait des implants PIP ! Un cas est évidemment bien insuffisant pour se faire une idée du rapport de cause à effet entre ce cancer et ces implants spécifiques, mais il  faut bien entendu rester particulièrement attentif, d’autant plus dans le contexte médico-légal de la fraude sur la qualité du gel.
 
3.       Une femme sur 9 fera un cancer du sein dans sa vie. C'est un problème de santé publique majeur en Europe occidentale. Contrairement aux lymphomes ALCL décrits ci-dessus, le cancer du sein est donc extrêmement fréquent.
 
-   Cela vaut pour toutes les femmes, donc évidemment également pour celles porteuses d’implants. Pour prendre un exemple, sur les 30.000 femmes françaises porteuses de prothèses PIP, on peut donc s’attendre statistiquement à 3333 cancers du sein.
-   Le fait que des femmes à qui on a placé des prothèses PIP présentent actuellement un cancer de sein est donc "attendu" pour ne pas dire "normal".
-   Certains journalistes n'ayant pas l'expérience des statistiques scientifiques n'hésitent pas à déduire de ce fait un lien entre les implants et le cancer du sein. A ce sujet, des études épidémiologiques réalisées sur des cohortes gigantesques, entre autres, aux USA et au Canada dans les années 1990 - 2000, montrent bien qu'il n'y a aucune relation statistique entre la présence d'implants et la survenue du cancer du sein.
-   Le cas particulier d'une liaison entre une augmentation du risque de cancer du sein et la présence de prothèses PIP devra être analysé spécifiquement, mais il est peu probable que l'on ait des résultats avant 10 - 20 ans pour ne pas dire plus.
-   Cliquez ici pour obtenir plus de renseignements sur les risques de cancer du sein chez les patientes porteuses d'implants comparées aux femmes qui n'en portent pas (communiqué de presse de la Société Française de Chirurgie Plastique)
 
En conclusion:
 
Les patientes porteuses d'implants "normaux" (non-PIP) peuvent être entièrement rassurées. Elles doivent continuer à faire inspecter régulièrement l'intégrité de leurs prothèses comme prévu.
Les patientes porteuses d'implants PIP (France, Italie, Espagne et d'autres pays encore) doivent attendre les conseils des autorités sanitaires françaises. Celles-ci n'ont pas encore clairement établi les dispositions qui seront proposées à ces patientes. Cela devrait être fait dans les semaines qui viennent.
Pour les patientes ayant un doute sur l'origine de leurs implants mammaires, le mieux est de prendre contact avec leur chirurgien pour obtenir cette information.
En cas de doute, n'hésitez pas à demander l'avis d'un chirurgien plastique qui est membre de la Société Royale Belge de Chirurgie Plastique (www.rbsps.org).
Les patientes qui seraient porteuses d'implants PIP placés en Belgique peuvent prendre contact avec le Bureau de la RBSPS en écrivant un e-mail àinfo@rbsps.org.
 


Communiqué de presse de la RBSPS du 11 janvier 2012 concernant les recommandations aux patientes porteuses d’implants mammaires PIP
 
Les pouvoirs publics (l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé, le SPF Santé Publique, le Cabinet de la Ministre, l’INAMI), les représentants des dispositifs médicaux et les chirurgiens plasticiens se sont réunis le mardi 10 janvier soir dans le contexte de la crise sanitaire générée par la mise sur le marché d’implants non conformes de la marque PIP.
 
La situation actuelle a été longuement analysée dans les détails tant pour la Belgique que pour les autres pays européens concernés.
 
Une attitude commune et consensuelle a été dégagée. La Société Royale Belge de Chirurgie Plastique (RBSPS) y souscrit entièrement.
 
Vous trouverez ci-dessous le communiqué de l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé reprenant les recommandations actuelles aux patientes du 10 janvier 2012:
 
Ce soir une première réunion de concertation avec les acteurs concernés a eu lieu.
 
Les représentants de l’AFMPS, de l’association des chirurgiens plasticiens, de l’INAMI, du Cabinet de la Ministre de la santé publique et des affaires sociales, du secteur des dispositifs médicaux, du SPF santé publique ainsi que le président de la Commission d’évaluation des dispositifs médicaux se sont réunis pour discuter le dossier relatif aux implants mammaires PIP ainsi qu’au plan d’action annoncé hier par le Ministre de la santé publique et des affaires sociales, Laurette Onkelinx.
 
Les participants à la réunion ont décidé unanimement de confirmer aux femmes porteuses d’implants mammaires les recommandations antérieures :
 
- S'il s'agit d'implants mammaires de la marque PIP et vous avez des doutes, consultez votre médecin qui les a implantées.
 
- S'il s'agit d'implants mammaires "non-PIP", vous pouvez être rassurée et continuer à faire inspecter régulièrement l'intégrité de vos implants comme prévu.
 
- Si vous ne connaissez plus l'origine de vos implants mammaires, le mieux est de prendre contact avec votre chirurgien pour obtenir cette information.
 
- Vous pouvez également contacter le Royal Belgian Society for Plastic Surgery (www.rbsps.org) pour un avis complémentaire.
 
L’INAMI confirme que la nomenclature existante permet le remboursement d’une explantation éventuelle des implants mammaires si les conditions soient respectées (e.a. « complication documentée »). Si l’implantation initiale faisait elle-même déjà l’objet d’un remboursement, la réimplantation sera quant à elle remboursée.
 
Pour rappel, il n'y a pour l’instant aucune donnée scientifique qui justifie l’explantation préventive de ces implants. Par précaution la réunion de ce soir sera convoquée une deuxième fois dès que l’avis du Conseil Supérieur de la Santé sera disponible.
 
Enfin, l’AFMPS a informé les participants qu’un groupe de travail technique sera convoqué très prochainement. Ce groupe de travail sera chargé d’établir les mesures en vue de la réalisation du plan d’action annoncé par la Ministre, notamment un meilleur enregistrement et un système contrôle renforcé des dispositifs médicaux implantables.
 
A la demande de la Ministre, le SPF Santé publique a mis son Contact Center à disposition comme point de contact unique pour fournir toutes les informations relatives à cette problématique, qu’elles concernent les compétences de l’AFMPS, du SPF Santé publique ou de l’INAMI (pour les questions relatives au remboursement).
 
Le numéro est le 02 524 97 97, de 8 h à 17 h.
 
Les réponses de AFMPS et de l’INAMI aux questions fréquemment posées au sujet des implants mammaires de Poly Implant prothèse (PIP) sont publiées sur le site de l’AFMPS.
Informations aux patientes opérées dans les cliniques
de Arlon, Bastogne, Libramont et Messancy :
aucune prothèse de la marque P.I.P.
n' a été implantée dans nos cliniques.
53 Avenue Victor Tesch - 6700 Arlon   -   Belgique - Tel : + 32 63 22 60 74   -   Fax : + 32 63 21 77 43
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